Blandine Legal Dornez s’est engagée à raconter aux lecteurs du Nénuphar,
ses souvenirs de jeunesse à Sainte-Geneviève, son village natal.

Lorsque papa s’en allait dans la forêt pour aller couper du bois de chauffage pour l’année suivante, il partait pour toute la semaine et revenait seulement les fins de semaine. Je me demande aujourd’hui ce qu’il apportait comme nourriture et s’il était à l’aise la nuit..., mais je me souviens bien de ses retours. Maman était très contente de le revoir et nous, les enfants, étions tous très excités. C’est qu’il nous rapportait de la résine de pin, qui nous servait de gomme à mâcher bon marché.

Cette résine était collée aux épinettes. Il suffisait de la laisser ramollir dans notre bouche et de la mâcher. La gomme avait bon goût. Mais si nous avions le malheur de boire de l’eau froide, la gomme se désagrégeait rapidement. À l’heure des repas, nous devions jeter notre gomme. Nos amis et voisins eux aussi aimaient ces petites boules de résine de pin.

 

Au cours d’un hiver... je devais avoir 10 ou 11 ans, j’avais reçu un manteau d’été rouge d’une dame charitable qui nous refilait beaucoup de vêtements, ainsi qu’à d’autres familles pauvres. Le manteau n’était pas neuf et était trop grand durant la première année, mais la deuxième année, il me faisait assez bien. Par contre, la troisième année, il était un peu serré. Maman l’a teint bleu marine et ça m’a fait un manteau tout neuf. Les élèves qui n’étaient pas vêtus assez chaudement avaient la permission de rester en classe quand il faisait trop froid. On s’amusait bien dans l’école et nos maîtresses se fiaient à nous.

Pour tenir nos bas en place, on utilisait les élastiques qui servaient à fermer les bocaux des conserves. Si le fameux élastique se cassait, ce n’était pas rigolo. Parfois, on en avait en réserve 

dans nos sacs d’école. Il nous arrivait, très rarement, de porter des bas de laine. Nos voisins avaient des moutons et j’ai souvent, avec leurs filles, ramassé la laine qui s’accrochait à la clôture barbelée lorsque les moutons passaient 

en dessous. Leurs mères tricotaient des tuques, des mitaines, des bas, des foulards (que l’on nommait des crémones) et même des caleçons pour hommes faits en une seule pièce.

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