Vivre le changement

« Pourquoi changer ce qui fonctionne très bien? », voilà ma philosophie! Je me souviens, dans mes cours au CÉGEP, que le changement était servi comme étant la seule constante, surtout en informatique, en sciences, et malheureusement, dans les mouvements de mode.

 

Il y a des paradoxes dans l’adaptation au changement. Je suis un utilisateur précoce de tout ce qui est produit technologique. J’ai acheté mon premier agenda électronique en 1980, mon premier ordinateur de poche en 1982 et ma première montre intelligente en 2002. Par contre, certaines choses ne peuvent pas changer dans ma routine. Les rituels tels que compter les secondes restantes à chaque week-end et congé rendent les gens autour de moi plutôt perplexes…

 

Pour bien des gens, le changement équivaut à quelque chose de positif. Parfois, lorsque les prix augmentent, on se fait dire que les prix ont « changé ». En fait, le terme changement est neutre, il n’est ni positif ni négatif. Si l’on dit par exemple, « J’ai changé mon chemin pour aller travailler, dû à ce nid de poule dangereux sur la route. », le chemin alternatif étant généralement plus long, ce changement est considéré comme négatif.

 

Je suis réfractaire à certains changements, surtout les changements d’attitude par rapport à l’art et à la culture lorsqu’ils sont le résultat de reculs dans la tolérance ou dans l’acceptation des différences. Ou encore, un changement au travail qui me mettrait en situation d’échec, comme exiger de moi de faire de la vente.  

 

Avec mon expérience de presque sexagénaire, j’ai vu tant de changements dans les modes et les croyances, que je ne sais sur quel pied danser. Je me souviens d’un temps quand bien des gens parlaient de réincarnation, d’OVNIS, de cristaux et de leurs énergies... tant de discours irrationnels discutés sur les ondes et dans les journaux. Aujourd’hui, grâce à mon travail dans un milieu scientifique, j’entends rarement ce genre de discussions. Il était dit qu’il fallait s’adapter, en ajustant son discours au goût du jour. Parfois, je regrette que tant de gens se sentent obligés de suivre les tendances. De mon côté, si une tendance n’a pas de sens pour moi, je ne sens nullement le besoin de la suivre.

 

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À chaque courant, son contre-courant. Il n’y a pas si longtemps, une personne qui offrait depuis sept ans des cours de yoga gratuits au Centre de services pour étudiants handicapés de l’Université d’Ottawa, a été informée de l’annulation de son cours parce que certains étudiants et bénévoles se sentaient mal à l’aise avec les implications culturelles.

Source : The Canadian Press/Justin Tang

Dans la même veine, un nouveau complexe incite à se débarrasser de vêtements comme des djellabas ou d’œuvres d’art africain, sur l’autel de l’appropriation culturelle. Tout ce qui se vendait dans les boutiques de l’Expo 67 est maintenant « hors-la-loi » pour ceux qui ne font pas partie de la culture appropriée pour posséder ces objets.

 

On dit « autres temps, autres mœurs », mais je suis lent à changer, dans ce monde dynamique et parfois absurde dans ses changements.

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