Les défis de vivre avec le syndrome d’Asperger

Les défis sont nombreux, mais il y a certains « avantages », si l’on peut les nommer ainsi, à être un Aspie. Un de ces « avantages », qui peut contribuer à réduire l’anxiété, est de ne pas reconnaître si un individu est en colère contre moi, seulement par son expression du visage. En ville, certains individus peuvent être en colère pour un rien, une micro situation comme froisser quelqu’un parce que l’on passe devant lui et que c’est perçu comme une bousculade.

 

Les neurotypiques remarquent des interactions qui ont lieu sans aucun échange de mots. Les regards échangés semblent transmettre des messages assez éloquents... qui me passent cent pieds par-dessus la tête. Ainsi, lorsque je suis seul dans les transports en commun, je ne remarque rien, tout le monde me semble neutre et le voyage se passe dans la sainte paix. Il arrive parfois que certains sans‑abri mendient avec leurs yeux et que je ne remarque pas ce genre de comportement. En étant incapable de voir et d’évaluer les émotions et communications non verbales subtiles, mon monde semble beaucoup plus paisible que pour la majorité des gens.

Au travail, l’empathie est importante, car cela peut miner les relations interpersonnelles. C’est durant les pauses et l’heure du dîner que l’on risque plus de perdre un boulot, par une phrase déplacée, une blague inappropriée ou tout simplement une mauvaise réaction à ce que raconte un collègue. Le pire, c’est que la réaction n’est pas immédiate ou évidente, cela pourrait se traduire par des changements subtils comme un collègue qui ne veut plus me parler, qui me fait la baboune, etc. entraînant même des pertes de privilèges. On sent que l’on doit constamment marcher sur des œufs pour ne pas froisser ses collègues, alors que l’on a d’autres choses à faire.

 

Il faut un environnement où l’on se sent bien compris pour bien fonctionner, c’est-à-dire un minimum d’accommodements comme une planification de la journée claire et concise, pas de demandes contradictoires de la part des supérieurs et prévenir lorsqu’il faut changer des façons de faire ou des politiques au travail.

 

Pour ce qui est des loisirs, je pratique des activités de plein air où la curiosité et l’émerveillement occupent une grande place. C’est un paradoxe de vouloir changer d’air alors que je suis perçu comme quelqu’un qui n’aime pas les changements.

 

Le paradoxe est d’aimer changer certaines sphères de la vie comme changer de parc à explorer pour photographier la faune, mais ne pas changer de style de coiffure, juste pour changer.

 

L’adaptation aux changements est difficile et devient un défi quotidien, mais au fil du temps cela semble plus perçu comme étant des traits naturels du vieillissement, surtout quand on a une attitude qui commence par « Dans mon temps… »

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