En sourdine

Louise Farrenc (née Jeanne-Louise Dumont) est pianiste virtuose, professeure estimée et compositrice reconnue au XIX ͤ  siècle. Elle est née à Paris, en France, le 31 mai 1804 de Jacques-Edme Dumont, un sculpteur, et de M. Elisabeth Curton. 

Elle étudie le piano avec Anne Elizabeth Cécile Soria (qui fut une élève de Clementi), Ignaz Moscheles et Johann Nepomuk Hummel. En outre, elle suit des cours de composition avec Antoine Reicha, professeur au Conservatoire de Paris, même si les cours de composition étaient offerts uniquement aux hommes. 

En 1821 à l’âge de 18 ans, elle épouse le flûtiste, compositeur et éditeur de musique, Aristide Farrenc (1794-1865). Les nouveaux mariés font une tournée de concerts à travers la France. Aristide se fatigue de ces aventures et une fois de retour à Paris, le couple fondra ensemble la maison de publication les Éditions Farrenc. Aristide se dévoue à établir les Éditions Farrenc (qui a eu beaucoup de succès durant une quarantaine d’années) ainsi qu’à organiser des activités musicales et à négocier des contrats pour sa jeune conjointe au talent exceptionnel. En 1826, elle met au monde leur fille unique Victorine. (Victorine deviendra aussi une excellente pianiste, mais elle mourra de la tuberculose en 1858.)

Louise continue à performer pour le grand public et connaît un énorme succès comme virtuose surtout durant la décennie de 1830. En 1842, elle est embauchée en tant que professeure de piano au Conservatoire de Paris. C’est une position permanente qu’elle occupera durant une trentaine d’années (1842-1872). En dépit du fait que cette position au Conservatoire est très prestigieuse, elle fut payée moins que ses collègues masculins. C’est seulement après la triomphale première de sa Nonette pour cordes et vents en mi bémol majeur qu’elle demandera et obtiendra un salaire égal aux hommes professeurs au Conservatoire. 

Louise compose principalement des œuvres instrumentales. Durant les années 1820 à 1830, elle se consacre surtout à la composition pour le piano. Dès 1834, elle

augmente son répertoire en composant pour l’orchestre, tel que des symphonies, des ouvertures, des variations pour piano et orchestre ainsi que de la musique de chambre. Elle ne composera jamais de musique pour l’opéra, bien que ce genre de musique fut très important à cette époque. Par contre, elle composera plusieurs pièces pour voix et piano ou orchestre, et de la musique chorale. 

De plus, elle et son conjoint produisent et éditent ensemble l’anthologie de musique Le trésor des pianistes, une ressource de 23 volumes traitant du répertoire et de la performance stylistiques de la musique du XVI ͤ  siècle jusqu’au milieu du XIX ͤ  siècle.  Louise complétera cette œuvre seule après le décès de son époux en 1865.

Durant sa vie et au cours des décennies après sa mort à Paris en 1875, Louise Farrenc a connu la célébrité et a gagné le respect et les éloges de ses contemporains. Cependant, aujourd’hui sa musique reste largement inconnue. Wikipédia cite :

​« La raison principale en est sans doute que la compositrice s'est essentiellement consacrée à la musique instrumentale et n'a jamais composé d'opéra alors que ce genre était très prisé en France, surtout au XIX ͤ  siècle. [Mais] le guide des Sources pour l'histoire des femmes avance qu'elle était au contraire ovationnée par ses contemporains, puis oubliée et négligée comme plusieurs autres compositrices. »

C’est à noter que plusieurs sources indiquent qu’elle souhaitait composer pour l’opéra sauf qu’on ne lui a jamais offert de libretto ni par le Théâtre de l’opéra ni par le Théâtre de l’opéra-comique. 

Sa musique fut redécouverte au XX ͤ  siècle à la suite d’un intérêt envers des femmes compositrices. En décembre 2013, Louise Farenc a fait l’objet du programme Composer of the Week à la radio BBC Radio Three.

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