En sourdine

Francesca Caccini  (La Cecchina)
(1587-c.1645) 
(Source : France Musique)

Une femme qui avait du génie et qui est inconnue aujourd’hui, Francesca Cassini est née en 1587 à Florence, en Italie, durant l’époque de la Renaissance italienne. C’est une période de grands changements, surtout connue pour le retour à la culture classique dans la haute société. Puisque l’Italie se trouve au centre de la Méditerranée, elle devient riche économiquement en raison du commerce entre l’Asie et l’Europe. Grâce à cette richesse, l’Italie investit dans le domaine des arts et des sciences, et par la suite, ses concepts et ses idéologies se répandent à travers toute l’Europe. À cette époque, le choix pour les femmes était « grosso modo » d’entrer en religion ou de se marier. Puisque Francesca est née durant la Renaissance italienne, une période où les femmes professionnelles dans le domaine des arts pouvaient sortir de l’ombre, elle a pu connaître la célébrité.

Francesca, surnommée « la Cecchina », est née d’une famille de musiciens. Son père, Giulio Caccini, est un musicien et compositeur réputé, et il participe aussi au développement de l’opéra (au début de l’ère baroque, l’opéra était connu comme étant une pièce de théâtre chantée et une forme musicale en évolution). Sa mère, Lucia Gagnolanti, est une chanteuse de grand talent ainsi que sa jeune sœur, Settimia. De plus, sa belle-mère, Margherita della Scala, est une excellente cantatrice et son demi-frère, Pompeo, un grand chanteur d’opéra.  

Le père, Giulio, travaille pour la cour des Médicis. Ensemble, la famille Caccini chante et

Une musicienne très populaire, elle joue cinq instruments : la harpe, le clavecin, le luth, le théorbe (instrument de la famille des luths) et la guitare. En outre, elle est une compositrice productive, chanteuse virtuose, poète, enseignante de musique et de composition, et une musicienne innovatrice.

Source : BBC Radio 3

joue pour les Médicis, une famille riche et puissante à Florence. Cette famille aristocrate emploie beaucoup de musiciens, d’artistes, de scientifiques et de mathématiciens, et toutes ces personnes au service des Médicis s’inspirent mutuellement et collaborent entre elles. Donc, la jeune Francesca est entourée de gens comme Michelangelo Buonarroti (poète), Jacopo Peri (compositeur) et Galileo! En effet, Francesca a accès à toutes sortes d’innovations musicales, artistiques et scientifiques grâce à son emploi.

 

Quant à son éducation, elle étudie plusieurs langues (y compris le latin et le grec), la littérature, les mathématiques, la géométrie, l’astrologie ainsi que la musique. À l’âge de treize ans, elle joue un rôle important dans « l’opéra » L’Euridice avec d’autres membres de sa famille. En 1604, le roi de France, Henri XIV, invite la famille Caccini à Paris afin de chanter devant sa cour royale. La talentueuse « Cecchina » n’a que dix-sept ans lorsqu’elle reçoit une excellente offre d’emploi de la cour d’Henri XIV. Cependant, le grand-duc de Toscane, Ferdinand 1   de Médicis, lui commande de refuser et la famille retourne à Florence.

er

Dès l’âge de 20 ans, Francesca, comme son père, est au service de la famille Médicis et elle y restera pour effectuer la majorité de sa carrière. En plus d’avoir présenté régulièrement des concerts publics et des concerts privés pour les membres de la famille Médicis (ainsi qu’à la cour du roi Henri XIV), elle est aussi connue comme étant la première femme à avoir composé de l’opéra. En 1626, elle est reconnue comme étant une des musiciennes les plus importantes en Europe et l’une des mieux payées à la cour des Médicis. 

 

En 1607, Francesca épouse Giovanni Battista Signorini, chanteur, musicien et compositeur. En 1622, ils ont une fille, Margherita Signorini (1622 -1690), qui deviendra aussi une musicienne professionnelle ainsi qu’une religieuse. Après le décès de son époux Giovanni, à la fin de l’année 1626, Francesca quitte Florence pour la ville de Lucca où elle rentre au service du diplomate Vincenzo Buonvisi. C’est là qu’elle rencontre son deuxième mari, l’aristocrate Tommaso Raffaelli, avec qui elle aura un fils, Tommaso, né en 1628. En 1634, Francesca devient veuve pour une deuxième fois. Par conséquent, elle retourne à Florence avec ses deux enfants, où elle travaille au service de la grande-duchesse Christine de Lorraine et ensuite, pour la nouvelle grande‑duchesse Vittoria della Rovere jusqu’à sa retraite en 1637 (à noter que certaines sources citent qu’elle s’est retirée en 1641). Bien que Francesca cesse de présenter des concerts publics, elle continue à enseigner et à composer. En 1641, au mois de mai, elle quitte la cour des Médicis pour de bon et l’on n’entendra plus parler d’elle publiquement par la suite.  

 

La date de sa mort est incertaine, mais il se peut que Francesca Caccini soit décédée en 1645 lorsque son fils Tommaso fut placé, en tant que pupille, chez son oncle, Girolamo Raffaelli.

 

Malgré le fait que la célèbre Francesca Caccini a composé plus de cent chansons, de la musique de salon et de théâtre, il y a très peu de ses œuvres qui ont subsisté! De plus, son opéra La Liberazione est le seul que l’on peut trouver aujourd’hui qui est complet.

Liste de tous les articles de En sourdin