Blandine Legal Dornez s’est engagée à raconter aux lecteurs du Nénuphar,
ses souvenirs de jeunesse à Sainte-Geneviève, son village natal.

Février 1954

Cette année-là, le printemps est arrivé assez tôt. Le 28 février, nous revenions de l’hôpital avec notre deuxième bébé. La neige avait fondu assez vite et il y avait de l’eau partout sur les chemins.

Notre deuxième fille était si petite que j’avais un peu peur de l’emmener chez-nous. Elle n’était pas prématurée, mais petite et bien en vie. Le soir, je plaçais son petit lit tout près du nôtre. De temps en temps, je passais mon bras à travers les barreaux pour vérifier si elle respirait. Dans la nuit, quand elle se réveillait pour boire, j’avais préparé des bouteilles de préparation pour nourrissons que je laissais au frais sur le cadre de la fenêtre dans notre chambre. Nous n’avions pas de frigo à cette époque. Je me rendais dans la cuisine et versais le lait dans un poêlon. Avec du papier journal froissé que je plaçais dans un rond du poêle, j’allumais une allumette et en quelques secondes le lait était chaud. Il faisait froid dans la maison et dès que ma petite était retournée dans le lit, avec plusieurs couvertures pour la tenir bien au chaud, j’allais dans la cave pour mettre une bûche ou deux dans la fournaise afin de nous donner de la chaleur dans notre vieille maison qui n’était pas isolée. Le jour, on gardait le poêle de la cuisine et la fournaise à bois en marche continuellement.

Le lendemain de notre arrivée de l’hôpital, ça cogne à la porte. C’était ma belle-sœur qui demeurait tout près et qui venait m’offrir de donner le bain à ma petite. La veille, elle était venue voir mon bébé et avait dû remarquer que j’étais très fatiguée. Quel beau geste! Je l’ai remerciée et le soir avant de m’endormir, je remerciai aussi le Seigneur pour ce bel acte de charité. Elle est revenue à quelques reprises... elle ne s’en souvient pas, mais moi, je n’ai jamais oublié ses bontés.

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