Blandine Legal Dornez s’est engagée à raconter aux lecteurs du Nénuphar,
ses souvenirs de jeunesse à Sainte-Geneviève, son village natal.

Le retour en classe est trop vite arrivé, même si j’aime l’école et mes institutrices, les Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe qui viennent du Québec. Au début de l’année scolaire, on formait des rangées pour ramasser tout ce que le vent avait envoyé dans la grande cour d’école. À la récréation, on faisait une chaîne humaine et l’on entrait suffisamment de bois de chauffage pour chauffer l’école durant un mois.

En classe, dès le premier jour, on commençait à étudier, à écrire, à lire et à épeler des mots. Chaque vendredi, on récapitulait ce que l’on avait appris pendant la semaine. Même chose à la fin du mois, si bien qu’en fin d’année, c’était assez facile de réussir les examens. À la maison, après le souper ou la fin de semaine, toute la famille se mettait de la partie pour ramasser les légumes du jardin. Des fois on chantait, maman avait toujours des gâteries pour nous à la fin de la journée. On triait les patates par taille puisqu’on allait devoir manger les plus petites en premier, et on les plaçait dans de gros sacs de jute pour les entrer dans la maison. Papa labourait ensuite le champ et il était ainsi prêt pour l’année suivante.

Les jeunes hommes de Sainte-Geneviève partaient à quelques milles de chez-nous pour aider les agriculteurs qui avaient besoin de main-d’œuvre pour ramasser leurs récoltes. Ils étaient assez bien payés et revenaient après un mois de travail. Leur salaire était apprécié des parents.

Je n’ai jamais été à l’école pieds nus, mais chez-nous les deux plus âgés enlevaient leurs chaussures pour ne pas les user. Rendus à l’école, ils les enfilaient et revenaient en portant leurs souliers dans leurs mains.

Une chose dont je me souviens, c’est en hiver quand nos bas de laine étaient percés au talon, on virait nos bas de façon à ce que le trou soit au-dessus du pied. Voilà! Ma pauvre maman était souvent malade et n’avait pas toujours le temps de raccommoder le linge. Elle avait mis au monde huit enfants en dix ans et elle aidait mon père qui lui non plus n’avait pas une bonne santé. De plus, le travail dehors les tenait bien occupés, mais ils étaient heureux et nous aussi, les enfants.

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