Le biais des coûts irrécupérables

Il existe de nombreux livres, magazines, articles, blogues et sites Web pour apprendre comment faire de l’argent, mais très peu pour apprendre comment éviter de perdre l’argent que l’on a gagné.

Je n’avais personnellement jamais vraiment pensé à ça jusqu’à ma lecture du livre What I Learned Losing A Million Dollars (Ce que j’ai appris en perdant un million de dollars) que je recommande fortement. Jim, l’auteur du livre, explique qu’il existe plusieurs façons de gagner de l’argent, mais beaucoup moins de la perdre en supposant qu’on ne la dépense pas frivolement en achetant des voitures et des biens de consommation, en organisant des fêtes, en la perdant au jeu, etc. La clé pour conserver votre fortune amassée tout au long de votre vie tient à la compréhension des forces psychologiques qui nous entraînent à perdre notre argent. Une de ces plus grandes forces étant le biais des coûts irrécupérables.

Cela peut arriver à n’importe qui, et en fait ça arrive à chacun de nous tout le temps, mais juste à petite échelle. Le plus effrayant est la vitesse à laquelle cela peut se produire si l’on ne fait pas attention, surtout lorsqu’il s’agit de nos plus grandes richesses, actions, obligations, biens immobiliers, etc.

Toutefois, être conscient du problème peut vraiment vous aider dans vos 

investissements. Jim a rapidement compris, lorsqu’il effectuait ses recherches, la raison pour laquelle certaines personnes demeurent riches alors que d’autres ont tendance à perdre leur richesse en cours de route. Il a découvert que la façon dont ils gagnaient leur argent n’avait pas autant d’importance que la façon dont ils ne perdaient pas leur argent (en supposant qu’ils ne l’ont tout simplement pas dépensé).

Il a découvert que les investisseurs prospères savent quand arrêter et laisser tomber un investissement. Ils savent quand rester à l’écart et attendre que les marchés soient propices à leur stratégie ou à leur méthode d’investissement. Ils ne sont pas la proie d’autant de pièges psychologiques que les gens ordinaires. De fait, c’est le seul lien commun que Jim a pu trouver chez les investisseurs qui connaissent un grand succès.

Aujourd’hui, nous allons parler de l’un des plus grands pièges psychologiques appelé le biais des coûts irrécupérables. C’est ce qui se passe lorsqu’on considère les coûts précédents afin de déterminer si l’on devrait aller de l’avant.

Par exemple, disons que vous avez acheté une voiture d’occasion au coût de 10 000 $ et que vous finissez par devoir payer 2 000 $ en réparation au moment de l’acquisition pour la remettre en bonne condition. Vous pouvez avoir acheté de nouveaux pneus et installé de nouveaux freins, rien de trop dispendieux, mais ça compte tout de même. Vous commencez à la conduire et quelques mois plus tard, il y a un problème et vous devez l’apporter au garage pour faire des réparations. Disons que les réparations coûtent 1 000 $, la plupart des gens vont assumer les coûts puisqu’ils viennent d’acheter la voiture et qu’elle a de nouveaux pneus et de nouveaux freins. Si le coût est de 2 000 $, ils vont quand même procéder aux réparations. Même s’il est de 4 000 $, la plupart des gens vont payer en espérant que ce sera la fin des réparations et qu’ils sont chanceux. Mais à partir de quel montant, cela ne vaut-il plus la peine de faire réparer la voiture? Et si c’était seulement 1 000 $, mais que le mois suivant c’est 1 000 $ de plus, puis quelques mois plus tard 1 500 $ de plus et ainsi de suite. On retrouve plusieurs voitures d’occasion sur la route sur lesquelles les propriétaires continuent de dépenser plus en frais de réparations annuellement que ce que l’achat d’une nouvelle voiture leur coûterait! Et c’est à cause du biais des coûts irrécupérables.

C’est parce que les gens considèrent le montant qu’ils ont déjà investi dans leur voiture, ce qui est la mauvaise façon pour décider si oui ou non ils devraient la faire réparer. Vous devriez toujours considérer qu’elle est la valeur de votre voiture PRÉSENTEMENT et décider si cela vaut la peine de la faire encore réparer AUJOURD’HUI,

tout en ignorant ce que vous avez déjà dépensé pour cette voiture. C’est une différence subtile, mais qui a un impact très significatif et important. Et c’est la raison pour laquelle beaucoup de gens tombent dans le piège de payer davantage en réparations que s’ils achetaient une nouvelle voiture. Ils croient que s’ils font cette réparation supplémentaire, la voiture ne brisera plus parce qu’ils ont déjà investi beaucoup d’argent pour la faire réparer. La clé est que nous devons cesser de penser « parce que nous avons déjà investi beaucoup d’argent pour la faire réparer » et simplement constater l’état de la voiture présentement.

Voici où cela devient encore plus difficile : plus vous dépensez d’argent pour les réparations de la voiture, plus le biais des coûts irrécupérables s’accroît. Par exemple, disons que vous avez dépensé 500 $ en réparations sur votre voiture durant l’année, c’est beaucoup plus facile de décider de changer de voiture que si vous aviez dépensé 5 000 $ ou même 10 000 $ pour la faire réparer. Mais avez-vous réellement ajouté 10 000 $ à la valeur de la voiture avec ces réparations? Et est-ce que ces réparations vont empêcher d’autres bris de se produire, et ce à des coûts de réparations plus élevés que ceux requis pour l’acquisition d’une autre voiture? Autrement dit, plus vous dépensez pour une voiture, plus il est difficile de décider de la changer, alors que cela devrait être le contraire dans la plupart des cas. Plus vous dépensez pour une voiture, plus il est probable que des réparations supplémentaires seront nécessaires.

Suite au prochain numéro

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