Cette chronique se veut une forme d’éditorial qui exprime certains des points positifs et quelques fois moins positifs de nos réseaux de la santé, par des rencontres et des lectures que je fais dans mon quotidien. Espérons qu’elle vous inspirera à aiguiser votre sens critique et à comprendre que la véritable santé part de nous-mêmes et de nos actions de tous les jours.

Mise en garde du Nénuphar : Les opinions présentées dans ce texte représentent le point de vue de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue du magazine.

Les fabricants de sucre devraient commencer à avoir chaud!

Depuis plusieurs années maintenant, la plupart des chercheurs s’accordent pour dire que le sucre et ses dérivés ajoutés aux aliments seraient certainement plus nocifs pour la santé que le gras et qu’ils seraient responsables, en grande partie, de l’épidémie d’obésité, de diabète et de maladies cardiovasculaires qui afflige les pays industrialisés. Comme si ce n’était pas assez, des recherches très récentes ont démontré que l’obésité serait maintenant la cause la plus importante de développement du cancer, surpassant même le tabac. En effet, selon le CDC (Center for Disease Control and Prevention), un organisme américain, 40 % des cancers diagnostiqués en 2014 seraient attribuables aux surplus de poids excessifs. Ce chiffre augmente jusqu’à 55 % chez les femmes. Si l’on considère que 33 % des Américains font de l’embonpoint et que 38 % sont obèses, il n’est pas surprenant que l’on nous dise qu’une personne sur trois souffrira d’un cancer au cours de sa vie.

Ce qui me préoccupe le plus dans tout ça, c’est que les recherches ne semblent avoir aucun effet sur la majorité des gens, ou bien ils n’y croient tout simplement pas. Ces chiffres récents sont alarmants, mais ça fait au moins une dizaine d’années que nous savons qu’un IMC (indice de masse corporel) élevé favorise le développement de certains cancers. Grâce aux résultats de ces nouvelles recherches, nous pourrions éliminer l’apparition de 70 % des cancers, et plus de 90 % des maladies cardiovasculaires et du diabète sans aucune médication. Pourtant, même si nous connaissons la solution, personne ne semble réagir et nous continuons à espérer qu’un grand chercheur trouvera la pilule miracle, sans que nous ayons à faire d’effort.

 

J’ai comme l’impression que le ministère de la Santé, qui administre plus de la moitié de tous les impôts et de toutes les taxes que chacun d’entre nous paye, devra faire des choix économiques importants dans les prochaines années. Est-ce plus payant de laisser une complète liberté aux entreprises qui vendent des aliments nocifs pour notre santé en les taxant ou bien de réglementer la vente de certains produits et ainsi diminuer les coûts en santé? Pourquoi n’aurions-nous pas aujourd’hui la même réflexion pour le sucre qu’avec le tabac, il y a de cela quelques années, puisque nous savons maintenant, hors de tout doute, que l’obésité est aussi dangereuse que le tabac pour notre santé?

 

Bon, vous allez me dire que je simplifie le problème, et ne vous inquiétez pas, je suis tout à fait conscient que l’embonpoint est un problème plus complexe nécessitant plus qu’une simple élimination d’un aliment comme le sucre. Il est sûrement plus difficile de modifier nos habitudes alimentaires que d’arrêter de fumer. De plus, il y a beaucoup de facteurs souvent oubliés qui entrent en jeu, comme l’épigénétique, le microbiote, certains facteurs sociaux et familiaux, etc. Ce que je dis, depuis quelques années, c’est qu’il nous faut un spécialiste du style de vie parmi les professionnels de la santé reconnus, une profession qui n’existe pas encore officiellement. Tout ça va aussi arriver, lorsque nous déciderons vraiment de nous impliquer dans notre propre bien-être et que nous cesserons d’attendre la pilule miracle.

Avez-vous une opinion sur le sujet? Faites-nous en part et nous l'ajouterons au bas de cette chronique.

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