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Qu’elles soient vieilles comme le monde ou récemment développées, qu’on les désigne d’approche, de méthode, de pratique, de traitement, de technique ou d’art, il existe une multitude de façons d’améliorer notre santé mentale et physique. Les adeptes de chaque discipline en vantent les mérites et nous rendent la tâche plus difficile lorsque vient le moment de choisir ce qui serait bon pour nous lorsqu’on est en quête de mieux-être. Le Nénuphar a demandé à des praticiens de ces différentes disciplines de nous expliquer ce qu’il en est.

Le tai-chi, une gymnastique énergétique santé

Le tai-chi de style Yang, du célèbre maître Yang Chengfu, contient 108 mouvements. C’est un ensemble de mouvements, de déplacements et de respirations. La lenteur des gestes apporte l’idée, l’intention et l’application du mouvement, et la respiration abdominale, la détente.

 

Le tai-chi était considéré comme un art martial efficace dans les temps anciens. Les modifications au style apportées par Yang Chengfu, en ralentissant les mouvements et en mettant l’accent sur la respiration, ont rendu cette discipline accessible à un plus grand nombre de gens et ce style est devenu le plus commun en Occident. Aujourd’hui, tous peuvent la pratiquer, et en particulier les personnes âgées qui profitent de ses multiples bienfaits.

Équilibre

 

Le phénomène de vieillissement démographique que nous vivons en ce moment nous permet de constater un problème croissant de pertes d’équilibre qui entraînent des chutes et bien entendu des risques élevés de fracture chez nos aînés. En améliorant l’équilibre, le tai-chi diminue l’incidence des chutes.

 

Dans la pratique du tai-chi, tous les muscles sont utilisés pour rester en équilibre lors des gestes lents. Lors du déplacement, le pied frôle le sol, et arrivé à son objectif, il s’enracine au sol, ce que nous appelons l’assise. Le corps est constamment en mouvement de l’avant vers l’arrière. Par la pratique quotidienne, le subconscient développe une façon sécuritaire de se déplacer. Et sans oublier la respiration abdominale qui amènera le pratiquant à être en meilleure forme, plus fort, plus résistant et doté d’une meilleure souplesse. On remarque que les personnes qui sont en forme sont plus joviales et sereines et après trois mois de pratique, on voit déjà une nette amélioration du déplacement chez les aînés. Ils se sentent sécurisés.

Alzheimer

 

L’Alzheimer est une maladie cognitive dégénérative. Le tai-chi ne guérit pas la maladie, mais peut ralentir son processus. Pratiquer le tai-chi, c’est aussi pratiquer sa mémoire, car chaque mouvement a une vitesse, un déplacement et une respiration qui lui est propre. Cela peut être parfois ardu, car plusieurs mouvements se ressemblent, ce qui force la personne à porter attention et stimule ainsi son cerveau.

 

La respiration joue un grand rôle dans la circulation des flux énergétiques. Il s’agit d’une respiration abdominale ralentie. Cette forme de respiration permet d’apporter un calme et un flux sanguin oxygéné. La personne qui pratique de façon quotidienne fait travailler ses neurones et les vaisseaux sanguins de son cerveau reçoivent un apport riche en oxygène. Lorsque je donnais des cours dans une résidence spécialisée en trouble cognitif, j’étais agréablement surpris de voir les pratiquants avoir autant de plaisir et de sérénité.

 

Trouble pulmonaire

 

La détresse respiratoire affecte un pourcentage élevé de la population, qu’il s’agisse d’asthme léger ou d’une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), ces problèmes de respiration peuvent être grandement soulagés par la pratique du tai-chi. La pratique de cette technique représente une véritable alternative de réadaptation pour les personnes atteintes de maladies pulmonaires chroniques. En effet, les exercices lents contribuent à soulager les symptômes des patients atteints de BPCO, comme l’essoufflement, à améliorer leur tolérance à l’exercice et leur qualité de vie globale. Une forme qui se prête bien à cet exercice est la forme Sun (Sun Lu Tang).

Sun Lu Tang, maître d’arts martiaux chinois, a pratiqué différents styles d’arts martiaux, mais il a développé une façon de bien respirer dans sa forme de tai-chi, appelée aujourd’hui le tai-chi Sun. On y porte une attention particulière à la respiration qui se situe vers le bas du ventre et qui permet au diaphragme de se détendre profondément, ce que l’on appelle une respiration abdominale. En respirant de cette façon, nous ressentons la fluidité dans l’inspiration et l’expiration, sans compter un afflux supplémentaire d’oxygène qui se fait sans stresser les poumons. Un bon système respiratoire permet un flux sanguin oxygéné. Pour ce qui est de ses mouvements, elles sont plus linéaires que circulaires.

Il a élaboré un mouvement assez particulier : les deux paumes face à face comme si l’on tenait une balle de 12 cm à la hauteur du plexus solaire;  les avant-bras horizontalement au sol, lors de l’inspiration les paumes s’éloignent et à l’expiration les paumes reviennent au point initial.

 

Une étude a été faite sur des patients ayant des troubles respiratoires. Un groupe pratiqua le tai-chi Sun deux fois par semaine et l’autre suivit le traitement médical prescrit. Lors de la réévaluation, après trois mois, les chercheurs ont testé la capacité d’exercice de tous les participants avec un test de marche, et par un questionnaire portant sur leurs problèmes respiratoires, qui apportait une vision de leur qualité de vie globale. Le constat fut que les participants qui ont suivi la formation de tai-chi Sun jusqu’au bout avaient plus d’endurance à la marche, une performance plus élevée au questionnaire de santé respiratoire et une meilleure qualité de vie. Cette étude nous montre que le tai-chi Sun s’avère être un exercice d’intensité modérée tout à fait adapté aux patients atteints de BPCO.

 

Mobilité réduite

 

Pour les personnes à mobilité réduite, jeunes ou moins jeunes, vivre avec un handicap qui restreint l’exercice est souvent synonyme de dégénération de la santé physique et mentale. On connaît bien aujourd’hui l’importance de l’exercice pour ses bienfaits à ces deux niveaux. Le tai-chi s’est adapté aux limites des gens qui ne peuvent bouger une partie de leur corps. Par exemple, la petite forme de Pékin, dite la 24, propose des mouvements lents qui font travailler la taille, les épaules, les bras et les poignets. Les mouvements du tai-chi comportent toujours un massage des organes, dont le foie, la rate et les intestins. Par l’élévation des bras, nous faisons travailler les organes comme les poumons, le cœur et l’estomac.

 

Énergie intérieure

 

En amalgamant mouvement et respiration, on retrouve une énergie intérieure que l’on appelle le QI. J’encourage tous les gens avant de commencer, de fermer les yeux, de prendre des respirations lentes et de faire la forme mentalement, déjà vous retrouverez un bien-être.